Livre

Disponible le 19 octobre
Préface Serge Tisseron
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Chemins d'Enfances

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Auteure


Martine Roussel-Adam

Martine Roussel-Adam

Après plus de 20 ans dans le monde de l'entreprise, Martine Roussel-Adam décide en 2005 de se consacrer à ce qui lui tient à cœur : participer à un monde plus juste et plus responsable et tenter de...

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Préface Serge Tisseron (extraits)

©Albin Michel

Une résilience construite sur l’empathie

 

C’est possible ! Voila le formidable message que veut nous faire passer Martine Roussel Adam et elle y arrive. Il est en effet devenu banal aujourd’hui de dire qu’il faut « s’indigner » : des inégalités insupportables, de l’injustice partout présente, des formes d’oppression ouvertes ou masquées dont les pires sont celles que nous finissons par ne plus voir tellement nous y  sommes habitués. Mais comment passer de l’indignation à l’action concrète ? Martine Roussel Adam a pris son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre de plus de cent initiatives qui ont tenté de franchir ce pas, et elle nous en rapporte dix projets qui concernent des régions aussi diverses que l’Inde, la Suisse, la Sierra Leone ou la France. D’abord, elle évoque le cas des enfants confrontés brutalement à une situation terrible : l’urgence est de les aider à cicatriser leurs blessures et à les dépasser. Dans un  second temps, nous sommes invités à découvrir des projets qui visent à rendre l’estime de soi et le goût de la rencontre à des enfants marginalisés par leur milieu d’origine ou leur isolement culturel. La troisième partie aborde la question des adolescents et des jeunes adultes confrontés à des situations économiques catastrophiques et au risque de la délinquance : c’est alors l’espoir qu’il faut leur rendre et la confiance en eux-mêmes pour qu’ils puissent s’engager en même temps dans un projet de vie et un projet professionnel. Enfin, les deux dernières parties analysent les facteurs de bien être et les conditions de réussite des projets eux-mêmes afin que leurs bénéficiaires aient une chance de trouver leur place dans la société.
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A un moment où il est beaucoup question de dépister précocement les enfants supposés « à risque » avec le danger de les stigmatiser durablement, ces projets montrent que des alternatives existent et fonctionnent, et qu’elles n’ont pas l’ambition de remplacer les politiques publiques, mais de montrer le chemin. En outre, à un moment où l’entreprenariat social est parfois accusé de se mettre au service d’une vision hyper individualiste du développement personnel et social, ces projets sont autant de preuves qu’il existe des réalisations qui mettent au premier plan le caractère indissociable de l’individu et de son milieu, les pratiques de coopération et la valorisation de l’interdépendance. Car telle sont les clés pour bâtir notre monde futur.

Y a-t-il un mot qui en résume tous les aspects? Oui, c’est celui d’empathie. Une empathie qui ne consiste pas à s’apitoyer sur le sort de gens qui vivent à des milliers de kilomètres de nous - et que nous ne verrons jamais autrement qu’à travers notre écran -, mais à partir à la rencontre de ceux que nous côtoyons chaque jour. Une empathie qui n’est pas seulement le fait de se mettre à la place de l’autre, mais d’en être curieux. Une empathie, enfin, qui ne cherche pas une image de soi chez l’autre, mais qui accepte de se confronter à l’étranger qui sommeille en chacun de nous. Cette attitude est exigeante. Elle implique de reconnaître à autrui le droit à l’estime de soi, et la liberté d’aimer et d’être aimé selon ses choix. Dans sa forme complète, cette empathie est même inséparable du fait de nous découvrir nous-mêmes à travers le regard qu’autrui porte sur nous et de remodeler nos repères en tenant compte de son avis. La plasticité psychique en est évidemment une condition essentielle, ainsi que le renoncement au désir de contrôler l’autre. Pour parvenir à ce résultat, les projets présentés ici privilégient le jeu, l’activité physique, le sport, le travail sur le corps, l’art et l’humour. Beaucoup de ceux qui en ont bénéficié témoignent d’ailleurs de leur désir de donner et de transmettre à leur tour en se tournant vers la formation, devenant ainsi les pionniers d’une chaîne de solidarité et de coopération ininterrompue qui ne se réclame d’aucune autre nécessité que l’appartenance à la vaste communauté des hommes.